Site officiel de la commune de HOUX
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La Voise et sa vallée

Sous l’Ancien Régime, la Voise est à la fois la rivière qui fait la séparation des paroisses et seigneuries de Houx de celles d’Yermenonville, mais aussi le nom de la vaste pâture que la rivière traverse ensuite et dont jouissent en commun les habitants des paroisses de Maintenon, Houx, Yermenonville et Mévoisins. La vallée de la Voise a été profondément modifiée à la fin du 17ème siècle par les travaux préparatifs à la construction de l’Aqueduc de Maintenon.

 

La Voise, rivière « frontière »

 

En 1634, les suites d’un procès opposant Michel de Champront, seigneur de Houx à Henry de Cafardel, seigneur d’Yermenonville, au sujet du droit de pêche dans la rivière, fixent de manière définitive les limites territoriales entre les deux futures communes. Chacun des seigneurs pourra, de son côté, faire pêcher dans la rivière jusqu’au fil et milieu de l’eau, à partir de la sente de séparation des seigneuries de Houx et Moineaux, jusqu’à la grand’planche ou chemin tendant de Houx à Chartres (actuel chemin des Quartiers). Au delà et jusqu’à Houdrepont (St-Mamert), le seigneur de Houx jouira seul du droit de pêche dans la Voise.​

Sur la route reliant Houx à Yermenonville, la Voise sert de limite aux deux communes : Rive gauche : Yermenonville – Rive droite (Moulin des Grès) : Houx

La commune de Voise

 

Au delà du chemin menant de Houx à Chartres et jusqu’au hameau de St-Mamert, s’étendait sous l’Ancien régime la commune de Voise, vaste territoire semi-marécageux traversé par la rivière du même nom sur lequel les habitants des quatre paroisses (Maintenon, Houx, Yermenonville et Mévoisins) avaient droit de faire pâturer leurs bestiaux, hormis les bestes à laine. Ce terrain leur avait été donné par une certaine Jeanne, dame d’Aubray, dans un temps déjà qualifié d’immémorial en 1666, à la charge de faire dire chaque semaine une messe pour le repos de son âme.

 

En 1574, Louis d’Angennes, chevalier, seigneur châtelain de Maintenon, tente, après avoir transigé avec les habitants de Mévoisins, d’obtenir à son profit le partage d’une partie des terres communes, en contraignant les habitants des trois autres paroisses à aller devant le Parlement de Paris. Sa démarche échoue, à la suite de l’opposition formée par Henri de Bourbon, roi de Navarre, seigneur baron d’Epernon (futur roi de France sous le nom d’Henri IV), qui juge que tout partage ne peut se faire qu’avec son accord, sa suzeraineté s’étendant sur la pâture.

 

En 1663, une sentence de la Chambre du Trésor considère le bien comme étant sans maître et en attribue la propriété au Trésor royal, par droit d’aubeyne, deshérance et bastardise. Le roi Louis XIV fait don de la pâture à François de Mesnilpan, écuyer et grand mousquetaire. Les habitants des quatre paroisses, soutenus par leurs seigneurs se pourvoient devant le Parlement de Paris et obtiennent en 1665 la restitution de la commune de Voise.

 

En 1685, le creusement du canal de Gallardon se fait notamment à travers la pâture. Les communautés d’habitants des quatre paroisses perçoivent chacune en indemnisation une somme de 1.818 livres. Les habitants de Houx décident en 1690 de placer cette somme en une rente sur l’Hôtel de Ville de Paris qui leur procurera un revenu annuel de 101 livres. Sur cette somme, 30 livres seront payés au curé pour dire chaque semaine une messe à l’intention de la Dame d’Aubray et 10 livres aux marguilliers pour fourniture des ornements et de la cire nécessaires à la cérémonie.

 

Réunis à Yermenonville en 1792, les habitants des quatre communes décident de procéder à la division et au partage de la pâture entre les quatre localités. Ce n'est finalement qu'en 1803 que le projet de partage se concrétise : La fraction échue à la commune de Houx s'élève à 41 arpents 52 perches (20 hectares 56). La municipalité décide de réserver 14 arpents pour le pâturage des bestiaux des habitants du bourg et 6 arpents pour ceux de la Villeneuve. La récolte des foins des 20 arpents restant est donnée annuellement à bail au profit du budget communal.

 

En 1813, une loi sur la mise en vente des biens communaux au profit du budget impérial, réduit la fraction échue en pleine propriété à la commune de Houx à 20 arpents (un peu plus de 10 hectares). Les surfaces affectées à chaque utilisation doivent être réduites de moitié.

 

En 1824, désireuse de trouver les fonds nécessaires au rétablissement de l'église du village, la municipalité décide de mettre en location l'intégralité de la pâture, malgré la très vive opposition des habitants de la Villeneuve.

 

La transformation de la vallée qui devient de plus en plus humide, rendant de plus en plus aléatoire la récolte des foins, contraint la municipalité, au cours de la seconde moitié du 19ème siècle, à transformer la pâture en une plantation d'aulnes et de peupliers.

 

Aujourd’hui encore, ce terrain abrite les peupleraies communales.

Plan de division de la pâture de Voise entre les quatre communes (1803) – Plan orienté à l'est

Le canal Louis XIV

 

Au début de l’année 1685, Louvois vient de persuader le roi Louis XIV de faire détourner une partie des eaux de l’Eure, à partir de Pontgouin, pour l’amener par un canal jusqu’à Versailles, afin d’assurer définitivement l’alimentation en eau des fontaines du parc du château. Le canal projeté doit franchir la vallée de l’Eure à Maintenon grace à un aqueduc monumental en maçonnerie dont la construction nécessite l’emploi de quantités considérables de matériaux.

 

Les carrières de Germonval et de la Bretonnière, à Gallardon, doivent fournir les moellons et le calcaire nécessaires à la fabrication de la chaux. Une carrière de sable doit également être ouverte à Moineaux. Vauban propose, pour le transport de ces matériaux, de canaliser les eaux de la Voise depuis Gallardon jusqu’au pied du chantier de l’aqueduc.

 

Les instructions de ce dernier fixent les dimensions du canal à 4,5 toises de large (8 m 77) pour une profondeur en eau de 4 pieds (1 m 30). Les travaux de terrassement débutent en avril 1686 pour s’achever l’année suivante.

Plan du nouveau canal de Gallardon – Portion traversant la seigneurie de Houx (Archives nationales – début du 18ème siècle)

Sur une grande partie du territoire communal, le Canal de Gallardon ou Canal Louis XIV emprunte le tracé d’un précédent canal, beaucoup plus étroit, réalisé au Moyen-âge, afin d’alimenter en eau les fossés de la maison seigneuriale, le moulin à eau banal et un moulin à foulon seigneurial situé au hameau de la Villeneuve. Le commencement de ce canal des moulins, alimenté par une dérivation de la Voise, est encore visible peu après l’emplacement actuel du moulin des Grès. Celui-ci retrouvait la rivière à la sortie du hameau de la Villeneuve.

Le canal près de l’ancienne ferme seigneuriale (photo de gauche)

et avant son arrivée au moulin de Houx (photo de droite).

A partir du Chemin Blanc, les eaux de la Voise sont à nouveau détournées pour venir renforcer le débit du Canal Louis XIV, peu après son passage au moulin de Houx. On appelle ce tronçon du Canal : la Voise Canalisée. Le cours de l’ancienne rivière, qui poursuit son chemin à l’état de ruisseau, prend le nom de Rivière Morte.

Le canal avant et après son arrivée au moulin de Houx

Les travaux d’élargissement de l’ancien canal des moulins ont pour conséquence la destruction définitive du moulin à foulon de la Villeneuve, signalé à l’époque comme déjà à l’état d’abandon.

 

L’une des cinq ou six écluses du canal de Gallardon était située au niveau du moulin de Houx, entre l’actuel pont du Chemin Blanc et le vannage alimentant le bief. Elle avait une longueur de 20 toises (39 m) sur 6 toises de large (11 m 70). On en devine encore l’emplacement par l’excavation qui n’a été comblée que partiellement à cet endroit et par la subsistance, au niveau du vannage actuel, de vestiges de maçonnerie de chaux.

 

Selon les prévisions de Vauban, les bateaux, tirés par des animaux conduits par des soldats, devaient mettre 3 jours pour relier Gallardon à Maintenon. Chaque bateau devait pouvoir transporter 3 toises cubes et demies de pierres (13 m3) ou 3 de sable (11 m3). Pour atteindre l’objectif de construction de l’année 1687, chaque jour, 24 bateaux chargés de pierres et 12 chargés de sable devaient s’engager sur le canal. Compte tenu du faible débit de celui-ci, les convois étaient organisés en brigades de 4 bateaux, afin de limiter le nombre d’éclusages.

Vauban – Projet de bateau pour la navigation des canaux de Gallardon et d’Epernon (1685)

La navigation sur le Canal de Gallardon qui chute à partir de 1688 (déclenchement de la guerre avec la ligue d’Augsbourg) est définitivement abandonnée en 1694, année où les eaux sont rendues au moulin de Houx.

 

Après que le roi Louis XIV ait donné à Madame de Maintenon l’ensemble des ouvrages liés à la construction de l’Aqueduc de Maintenon, cette dernière revend en 1709 à Fleuriau d’Armenonville les canaux de Gallardon et d’Epernon qui traversaient une partie de ses terres.

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